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Réaction à l'allocution du recteur

Monsieur le recteur,

 

Nous voulons d’abord exprimer notre vive déception face à l’annulation de votre allocution. En effet, nous considérons qu’il s’agissait  d’un rendez-vous important pour tous les membres de la communauté uqamienne, et sans juger des raisons qui ont  entraîné l’annulation de cette rencontre, nous trouvons cela regrettable.

Après la lecture de votre allocution, nous aimerions vous faire part de nos commentaires et questions.

Un sentiment d’appartenance qui s’étiole

Si comme vous nous nous réjouissons des succès de l’UQAM, survenus comme vous le dites « dans un contexte assez difficile », la confiance pour l'avenir que vous inspire votre certitude de « l’attachement profond » des membres de la communauté à leur institution nous laisse perplexes. Le sentiment d’attachement a ses limites. Nous ne pouvons parler pour nos collègues professeurs, chargés de cours et employés étudiants, mais nous vous assurons que pour de nombreux employées et employés de soutien ce sentiment s’érode de plus en plus et la raison en est bien simple. Vous dites être conscient des impacts des  « décisions difficiles (qui) ont dû être prises », mais l’êtes-vous vraiment?

Des compressions telles que le « non-remplacement de postes à la suite de départs à la retraite », le « non-renouvellement de contrats pour du personnel surnuméraire » ou encore « la fermeture des bibliothèques le dimanche », qui ciblent tout particulièrement les membres du SEUQAM ont des conséquences beaucoup plus graves que vous ne semblez le croire, puisque nous savons que votre budget révisé prévoit de nouvelles compressions visant le personnel de soutien syndiqué. Il est irréaliste de penser que nous pourrons continuer à offrir la même prestation de service avec encore moins de personnel. D’ailleurs, le sondage que nous avons effectué à l’automne (auquel près de 650 personnes ont répondu) et les appels de détresse que nous recevons quotidiennement nous le confirment : plusieurs de nos membres sont surchargés, épuisés même, le moral est au plus bas et le climat de travail est morose et tendu.

Un plan stratégique réaliste?

Parlons maintenant de votre plan stratégique sur lequel vous fondez beaucoup d'espoir. Il constituera dites-vous notre « tableau de bord des prochaines années ». Axé sur quatre orientations - l'actualisation des modes de développement de l'UQAM, des pratiques de gestion plus efficientes, la mise en place d'un milieu sain, dynamique et stimulant, enfin l'ancrage de l'Université dans son milieu et son ouverture sur le monde - ce plan nous inspire plus de questions que d'enthousiasme. Notamment, qu'entendez-vous par « pratiques de gestion plus efficientes »? Est-ce à dire qu'encore plus de pouvoirs se trouveront concentrés dans les mains des doyens et doyennes? Si tel est le cas, c’est plutôt inquiétant, puisque nous sommes à même de constater que certains d’entre elle et eux ont de la difficulté à tenir compte de la réalité des employées et employés de soutien et de la charge de travail qui leur est imposée.

Enfin, vous  annoncez que vous ferez « une tournée des Facultés et École au cours de laquelle nous pourrons échanger sur le plan stratégique et sur les moyens de transformer les orientations en actions ». Mais qui allez-vous rencontrer? Les directions des décanats, le corps académique, les cadres, les employés de soutien? Vous ne le spécifiez pas. Quant aux différents services, ils ne semblent pas faire partie de votre tournée. Nous espérons qu’il s’agit d’un simple oubli dans votre texte, puisque nous ne voyons pas comment vous pouvez sérieusement faire une véritable consultation en excluant ce secteur, d’autant plus que ce sont dans les services qu’œuvrent la majorité de nos membres.

Bien sûr, nous aurions grandement préféré vous dire ces choses de vive voix. Nous aurions pu ajouter par exemple, que nous avons de plus en plus l’impression que la direction n’est sensible qu’à l’équilibre budgétaire et que tout se résume à des colonnes de chiffres. Nous aurions également pu vous faire part avec plus de détails de la réalité et du quotidien de nos membres. Savez-vous, par exemple, que dans plusieurs unités de travail, un trop grand nombre de personnes se retrouvent à effectuer les tâches de leurs collègues absents en plus de leurs tâches régulières?

En terminant, nous nous demandons comment vous allez faire pour réussir à mettre en place vos très ambitieux projets tout en continuant à sabrer le personnel de soutien?

 



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Story | by Dr. Radut