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Ouverture de la Boutique UQAM : jour de deuil pour le SEUQAM

L’ouverture officielle de la Boutique UQAM a eu lieu le 23 septembre 2010 dans le local que le magasin Bureauphile/Quai des arts a occupé pendant plus de 15 ans, jusqu’à ce que la direction de l’Université décrète la fermeture du magasin le 2 mai 2008, entraînant du coup l’abolition des postes de 13 membres du SEUQAM.

Si l’Université et la COOP-UQAM croyaient pouvoir tenir une cérémonie sans anicroche, elles ont rapidement déchanté, puisqu’elles ont eu à composer avec deux interruptions tout à fait inattendues: une première de la part d’une trentaine d’étudiantes et d’étudiants, la seconde de la part du président du SEUQAM.

Ce sont les étudiantes et les étudiants qui ont porté le premier coup en s’introduisant dans la boutique pour dénoncer la marchandisation de l’éducation. La situation a rapidement dégénéré et des empoignades musclées ont eu lieu entre eux et des gardiens. Après l’expulsion des «trouble-fêtes», les portes ont été verrouillées et une haie de gardiens a été dressée pour protéger les lieux. Pour tout dire, les personnes enfermées dans la boutique avaient beaucoup plus l’air d’assiégés que d’invités à un cocktail.

Le directeur du Service des communications Daniel Hébert a tant bien que mal lancé la cérémonie officielle, ponctuée par deux discours, mais avant qu’il puisse conclure le tout, le président du SEUQAM Roland Côté a porté le second coup de la soirée en prenant la parole sans y être invité.

Quand je suis entré dans le local ici, je n’ai pas pu faire autrement que de penser aux 13 personnes dont les postes ont été abolis au Bureauphile.

Dès la tombée de ces paroles, un silence de plomb et un malaise palpable ont enveloppé l’auditoire.

Après avoir précisé que son intervention n’était en rien dirigée contre la COOP (elle n’était pas responsable de la fermeture du Bureauphile), Roland Côté a enchaîné en parlant des réactions provoquées par l’ouverture de la boutique : «Il y a des employés de soutien qui ne se sentent pas respectés. J’ai l’impression d’être dans une maison neuve qui a été construite sur les cendres d’une maison brûlée où il y a 13 cadavres en dessous, qui sont en train de pourrir, et qui avaient contribué pendant un certain temps à vendre l’image de l’UQAM.»

Après avoir ajouté que l’inauguration de la Boutique UQAM faisait vivre à beaucoup d’employées et employés de soutien une journée de deuil, le président du SEUQAM a conclu en disant : «Je ne pouvais pas laisser passer, au nom des 2 000 membres que je représente, ce sentiment d’être trop souvent encore bafoués dans cette université.»

Rappel des événements survenus en 2008

En mars 2008, dans la foulée du plan de redressement financier, l'Université envisage la fermeture du magasin Bureauphile/Quai des arts.

En quelques semaines, une pétition s’opposant à la fermeture recueille plus de 2 600 signatures sans compter les lettres d’appui de nombreux artistes. De plus, l’École des arts visuels et médiatiques ainsi que la Faculté des arts adoptent des résolutions réclamant la survie du Quai des arts. Enfin, le SEUQAM soumet à l’Université une proposition reposant sur une analyse sérieuse en vue de sauver une partie du magasin, soit la section Quai des arts. Faisant fi de la pétition, des résolutions, des lettres d'appui et des représentations syndicales, l'Université rejette la proposition du SEUQAM.

Le 2 mai 2008, le magasin ferme ses portes et 13 membres du SEUQAM voient leur poste aboli. Certains de nos collègues travaillaient au magasin depuis plus de 15 ans.

La COOP-UQAM achète le matériel du Quai des arts dans le but d’écouler la marchandise et s’installe temporairement dans le local J-M100. Il s’agit du local occupé pendant des années par le bar l’Après-Cours que la direction de l’Université vient tout juste de fermer, le 25 avril 2008, ayant provoqué une première série de mises à pied de 13 employées et employés à statut particulier, membres du SEUQAM. L’installation temporaire se transforme par la suite en installation permanente pour la Boutique des arts de la COOP-UQAM.

La direction de l'Université n'aurait pas dû fermer le Bureauphile/Quai des arts

La Boutique UQAM s'installe aujourd'hui dans le local A-M850 pour faire la vente d’articles promotionnels de l’UQAM alors que le Bureauphile vendait déjà des articles promotionnels de l’Université dans ce même local. La Boutique des arts de la COOP-UQAM vend, depuis la fermeture du Quai des arts, du matériel d'artiste. Pourtant, le Quai des arts s'en acquittait très bien, se méritant même de nombreux éloges.

Pas besoin d'être un génie pour voir que la disparition du magasin Bureauphile/Quai des arts a créé un vide qu'il a fallu combler. La direction de l'UQAM n'aurait pas dû fermer le magasin et abolir les postes de nos collègues. Mais ça, elle ne le reconnaîtra jamais.

 

Photos : Luc Dupuy

Le président du SEUQAM Roland Côté (à droite) prend la parole sans être invité à le faire.
Roland Côté explique que les membres du SEUQAM se sentent trop souvent bafoués par l'Université.
Le directeur des communications de l'UQAM Daniel Hébert (à droite) prend son mal en patience.